Friday, February 25, 2011

La Séduction de l'Énergie d'Afrique


Dans le cadre du Mois de l’Histoire des Noirs, je suis allé entendre les enfants chéris de Montréal : le groupe afro-pop H’sao (originaires du Tchad) au Centre des Loisirs de Saint-Laurent au 1375 rue Grenet à Montréal. Cette formation est composée de Caleb, Mossbasss, Taroum et Isra-l (3 frères et une sœur) de la famille Rimtobaye ainsi que des deux amis d’enfance, les frères Charles et Service Ledjebgue (à la percussion).

Depuis août 2001, ils conquirent toutes les scènes montréalaises en passant par le Festival International de Jazz, le Festival Nuits d’Afrique, les Francofolies, le Festival des Musiques du Monde, les Week-end pop de l'Orchestre Symphonique de Montreal, le Métropolis, ReverbNation et une tournée de plus de 70 concerts à travers le Québec (entre autres lors du 400ième), le Canada et l’Europe.
Ils ont deux albums à leur actif : H’sao en 2003, et leur plus récent album autoproduit : Vol 235 en 2009.

Comme à l’habitude, ils ont débuté le spectacle par deux chants a capella et ils l’ont fermé par une prière et leur fameuse version d’Aimer d’amour.
Les œuvres chantées proviennent de la quintessence des deux albums.

Que dire de H’sao, sinon qu’ils portent leurs émotions à fleur de peau et qu’ils transportent dans leurs voix, toute la vibrance du Tchad avec d’autres formations et des artistes comme Achille Baldal, Audrey Linda Shey, Clément Masdongar, Ingamadji Mujos, Kaar Kaas Sonn, Keyba Natar, MC Gore, MC Solaar, Mounira Mitchala, Prince Luc, Pyramydes, Tibesti et Yalad.

Ils chantent depuis leur enfance dans l’église de leur père pasteur et possèdent une saveur harmonique unique au monde. Une espèce de mouture vocale veloutée et enjouée qui chante le soleil de leur terre natale avec brio. J’ai eu les larmes aux yeux pendant les quatre premières chansons.

Pour partager le plaisir que j’ai eu à les entendre, vous pouvez visionner les vidéos suivants :

N’Jamena


N'Gomindi Ko


''Sombre noce''

Moundo


Ndjamena


Aimer d'Amour

Pour en savoir plus sur le Tchad :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tcha

Pour accéder au site officiel du groupe :
http://www.hsao.ca/fr/

Pour en savoir plus sur le Mois de l'Histoire des Noirs :
http://www.moishistoiredesnoirs.com/

Pour en savoir plus sur la diversité montréalaise :

http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=4637,8889559&_dad=portal&_schema=PORTAL

Pour en savoir plus sur l'Histoire des Noirs au Canada :
http://www.histoiredesnoirsaucanada.com/events.php?themeid=21&id=22

Sites d'intérêt complémentaires:

Canadiana.org célèbre le Mois de l’histoire des Noirs!
http://www.canadiana.ca/fr/content/canadianaorg-c%C3%A9l%C3%A8bre-le-mois-de-l%E2%80%99histoire-des-noirs

Le Mois de l'Histoire des Noirs à Toronto :
http://www.td.com/dhieraaujourdhui/

Les productions Nuits d'Afrique à l'année :
http://www.festivalnuitsdafrique.com/

Festival International Nuits d'Afrique 2011 : 12 juillet 2011 - 24 juillet 2011
http://www.bonjourquebec.com/qc-fr/repertoire-evenements/fete-festival-evenement/festival-international-nuits-dafrique_1397445.html

Libye, entre mer et désert.


J’ai été invité par Charles Rollet à assister à la conférence ; Libye, Entre mer et désert.

Sujet d’actualité par excellence, la Libye est abordée avec intelligence par Anne-Sophie Tiberghien dans la série des Grands explorateurs.
C’est un vaste pays dont la superficie de 1.759.540 km² fait trois fois celle de la France et qui abrite une population de 6.5 millions d’habitants. Actuellement les souffrances de son peuple font frémir toute l’Humanité suite au joug d’un chef devenu fou. A la limite de l'Égypte, du Soudan, du Tchad, du Niger, de l'Algérie et de la Tunisie, ce pays, vient de subir l’onde de choc d’un effet de vases communicants parti de la Tunisie vers l’Égypte à travers les canaux des médias sociaux pour prendre le maquis contre un dictateur.

La conférence de Mme Tiberghien n’aborde pas les développements politiques actuels puisque son film a été tourné durant 9 voyages dont le dernier date de 2009. Mais elle est essentielle pour comprendre ce peuple à 90% déployé le long des rives de la Méditerranée. Occupant un territoire qui au long de la Tripolitaine, de la Cyrénaïque et du Fezzan constitue le legs de toute l’Antiquité à partir des héritages Phéniciens, Grecs, Romains, Vandales, Ottomans, et Italiens.
Son film se déploie dans le somptueux théâtre de Sabratha, les ruines de Leptis Magna, Apollonia, Ptolémaïs, Cyrène, dont le bon état de conservation, favorise le déploiement d’un panorama archéologique d’intérêt mondial qui constitue un livre ouvert gravé dans la pierre.

Par ailleurs, elle pose, un regard attentif et féminin sur la vibrante Tripoli tout en cédant, par la suite aux charmes du désert à la rencontre des peuples du Sahara chez les berbères et les touaregs.

Elle se dirige le long du lit fossile d'un fleuve et sa vallée du paléolithique qui s'écoulait du Tibesti au golfe de la Grande Syrte pour traverser l’Akakus afin de nous plonger dans un passé vieux de 5000 ans et dans la dignité anthropologique d’un défilement de peintures rupestres et d’inscriptions laissées dans des abris sous roche. Elle emprunte les routes caravanières truffées de vestiges et nous mène à la limite du dénuement dans la zone inhospitalière du volcan Waw an Namus au plein cœur d’un silence dévasté en bordure des lèvres de la bouche de la Terre. De Ghadamès la « perle du désert » à l’ancienne cité de Ghat, nous rencontrons un peuple attachant, riche de ses traditions, célébrant ses coutumes dans la vibrances unique de ces nomades sédentarisés du Sahara profond.

Il faut absolument voir cette conférence pour comprendre, d’un point de vue humain, l’âme des protagonistes qui se situent actuellement au cœur d’un drame géopolitique qui touche une des régions les plus sensibles de l’Humanité.

Pour en savoir plus : voici quelques liens :

Site de la cinéaste Anne-Sophie Tiberghien :


http://www.annesophietiberghien.com/


Le site wiki sur la Libye :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Libye

Le portail archéologique des sites wiki sur la Libye :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Site_arch%C3%A9ologique_de_Libye

Article dans Le Monde, La Libye, paradis des archéologues :

http://www.lemonde.fr/voyage/article/2008/03/07/la-libye-paradis-des-archeologues_1020036_3546.html

Sunday, February 20, 2011

St-Denis-Garneau, poète et peintre de l’âme québécoise



L'Association Québec-France
Section Récollet

Présente

St-Denis-Garneau, poète et peintre de l’âme québécoise
Conférencier
Pierre Castonguay

Bibliothèque St-Léonard
8420, rue Lacordaire
Montréal
H1R 3G5

21 février 2011
18 h 45
Salle d’activité

Saturday, February 19, 2011

S'embrasent : l'inoubliable 55ième.


Avec la pièce de théâtre S’embrasent, Luc Tartar auteur des romans : Le marteau d’Alfred, et Sauvez Régine, donne la parole aux jeunes. Il les a rencontrés dans les lycées et il leur tend une oreille curieuse et passionnée tel un transcodeur saturé de signaux et de confidences recueillies sur les propos d’un premier amour, d’une première approche corporelle, pour adapter la fraîcheur et la pétillement de l’étreinte adolescente aux différents codes d’un déploiement théâtral qui situe les personnages les uns par rapport aux autres dans une approche dynamique en mouvement perpétuel autour d’un décor minimaliste où s’effectue la conversion d'une énumération de l’âme déployée en trois dimensions autour d’un divan orange et le mur du fond à mi chemin entre le mur des oracles et le tableau noir d’une classe comme une espèce d’empreinte au croisement des genres entre la musique, le lipsing, la danse, la chorégraphie, le théâtre et la prose poétique.

L’auteur d’une vingtaine de pièces de théâtre, connaît bien les émotions et sait donner de la consistance à cette approche réaliste de la sexualité des jeunes loin des drames et sous l’œil admiratif d’une vieille dame qui du haut de sa fenêtre veille sur eux comme une sentinelle nostalgiquement attendrie et qui porte un regard assagis au sommet de tant d’années: «Quatre-vingts ans. Pensez si j’en ai vu. Mais autour des amoureux comme s’ils voulaient toucher du doigt cet Amour avec un grand A qui menace leur quotidien et rend les rêves douloureux…», autour de cet amour, Tartar déroule le ruban du rêve.
On sent la fraîcheur des kiwis et des pommes grenades, l’odeur des chewing gums et la beauté astringente des déclarations de filles à la cannelle et de garçons en chocolats qui s’apprivoisent, se toisent, se fréquentent, se désirent et se rêvent avec une simplicité désarmante.

«J’ai résilié mon abonnement à « Oh les filles ». Je tombe des nues quand je
vois les modèles qui s’offrent à toutes les pages. J’ai beau placarder leurs
posters au-dessus de mon lit et commander des tonnes de maquillage
jamais je ne ressemble à ça, moi.» Non. Les jeunes de Tartar ne ressemblent qu’à eux-mêmes, ils ressemblent à la vie qui suit son cours comme l’onde d’un ruisseau caresse le pied des fougères au printemps, après la fonte des grands espaces de neige. Après la moins que probable dégelée du pergélisol de l’enfance pourtant bien installé et tenu pour immuable.

C’est alors que Tartar leur tends un miroir d’Orphée sur l’arrière scène de la vie : ce jouet parcouru tant de fois sur un quadrillage de marelle et qui s’étiole soudainement en un éveil dans cette cour d’école où plus rien de nouveau n’était attendu dans l’univers infantile du prévisible. Quand lorsque soudainement à travers le filtre magique d’une nouvelle attraction et pour la première fois, ils s’embrassent et s’embrasent dans l’éblouissement du témoignage des copains. Cela me rappelle, dans l’essence et l’esprit de la chose,le Sacre du Printemps de Stravinski, dans la danse des adolescentes.

Or «des baisers comme celui-là... Leurs âmes entremêlées qui dansent comme sur un fil les corps secoués par un violent désir qui déferle et désarme et déchire. Deux êtres en équilibre instable au bord du monde. Un coup de foudre. On reste en apnée devant ça. On en oublie de respirer. Bouffé par l’émotion. Dans la
cour filles et garçons n’en croient pas leurs yeux et s’agglutinent…» Jonathan embrasse Latifa. C'est un coup de foudre qui bouleverse les témoins de la scène - les filles, les garçons, les profs, les parents, la voisine d'en face et même le directeur...

Le danger lorsqu’on aborde l’imaginaire érotique de la première sensualité c’est de tomber dans le pathos absolu, c’est de dissoudre les souvenirs des adultes dans la fraîcheur primesautière de l’adolescence, c’est de placarder sa propre sexualité en version revue et corrigée sur celle de la jeunesse actuelle. Or rien ici n’est du : tout fait d’avance. Cela s’articule autour du discours des jeunes des lycées à un point tel que les jeunes que j’ai interviewé à la toute fin de la soirée m’ont dit : «Ce qui nous frappe dans la pièce, ce sont les sentiments. Ça correspond à ce que nous sommes. Et les histoires qui sont racontées, ce sont celles que nous entendons nous aussi à l’école.»

Cette production du Théâtre Bluff est éblouissante. Le texte de Luc Tartar est mis en scène de main de maître dans une structure pourtant complexe mais sans lourdeur d’Eric Jean, assisté de Stéphanie Raymond : sans étouffer la spontanéité du jeu théâtral. Le piège était pourtant présent et l’entreprise aurait pu facilement s’effondrer sous la fréquence des déplacements multiples au travers desquels se déroulent les répliques parsemées de chorégraphies exigeantes et savamment ciselées qu’on a huilé au quart de tour après 9 mois d’un travail attentif qui tient autant de l’exploit sportif que d’un lyrisme juvénile qui donnent aux corps des acteurs de 25 ans, l’apparence de la jeunesse.

Les comédiens Catherine Bégin en remplacement de Béatrice Picard, Francesca Bárcenas, Christian Baril, Matthieu Girard et Talia Hallmona se sont prêtés à la rencontre du public après une prestation époustouflante qui se méritait pourtant, le repos du guerrier. C’était le soir de la cinquante-cinquième. Cinq fois je suis tombé en amour bien assis devant eux. J’ai bu chaque parole et chaque explication, j’ai approfondi grâce à eux la structure de la mantisse de cette tapisserie théâtrale dont les fibres n’ont rien à voir avec des brins d’ADN et la laine des moutons mais avec la structure biochimique de l’adénosine triphosphate (ATP) qui est la molécule qui, dans la biochimie des organismes vivants, fournit l'énergie nécessaire aux réactions chimiques du métabolisme.Ces comédiens sont des donneurs d’énergie et Catherine Bégin, un réservoir de sagesse.

La scénographie de Magalie Amyot est parcourue par la haute voltige d’une exigence multimédia. Les costumes de Stéphanie Cloutier sont simples et efficaces tout en permettant beaucoup de mouvements. L’environnement sonore d’Olivier Gaudet Savard nous fait rêver et oscille entre les répliques dans l’écho, les chansons de Fugain et les collages électro-acoustiques. Les éclairages de Martin Sirois sont précis et découpent les silhouettes qui dès le début de la pièce, nous captivent en émergeant de l’obscurité pour donner au discours théâtral un accent phosphorescent et une luminescence déclamatoire.

J’ai été conquis du début à la fin. Je suis sorti de là énergisé. Et j’ai pu demander à chaque comédien sa vision du rôle essentiel de la sentinelle dans la pièce. Vous pensez peut-être que je vais vous l’expliquer : goujats, allez voir la pièce et posez vous-même la question. Cependant je ne peux passer sous silence le témoignage d’un comédien qui rapportait la remarque d’un jeune qui voyait en la sentinelle, le personnage de Latifa ayant vieilli qui regardait à son tour une jeunesse toute neuve devant l’amour.

Voici quelques liens de référence :

Site de Luc Tartar :
http://www.luc-tartar.net/

Video de la pièce S’embrasent :



Témoignage du comédien Christian Baril :



Témoignage de la comédienne Francesca Bárcenas :



Témoignage du comédien Matthieu Girard :



Témoignage de la comédienne Talia Hallmona :



Témoignage de la comédienne Bétrice Picard qui était remplacée par Catherine Bégin :



Une production du Théâtre Bluff, sous la direction artistique de Sébastien Harrisson



Pierre Castonguay

Tuesday, February 15, 2011

Details of looting of Cairo and other Egyptian museums Jewellery the main target in the Egyptian Museum, but mummies also damaged

Egyptian special forces secure the main floor inside the Egyptian Museum in Cairo

Investigation begins into neglect of Pompeii

L'art érotique de Cranach : injonction morale ou incitation au libertinage?

Nymphe de la Source, par Lucas Cranach (après 1537)

Michelangelo : naked truths

Alla Tedesca : Le baroque à tous vents ! Les 30 ans d’Arion


Hier soir à 19 :30, je suis allé entendre un excellent concert de deux heures trente de musique ancienne : Alla Tedesca de l’Orchestre Baroque Arion dirigé par Mathieu Lussier, à l’ Église Saint-Sixte au 1895 rue de l’Église (coin Marcel-Laurin), dans Saint-Laurent , suite à une invitation de Charles Rollet. Au programme, il y avait des œuvres de Johann Friedrich Fasch (1688-1758) : Concerto en do majeur pour basson, cordes et clavecin, Concerto en do mineur pour basson, cordes et clavecin, Quatuor en sol mineur pour 2 hautbois, basson et basse continue. Il y avait aussi des œuvres de Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Quatuor en ré mineur pour 2 fFlûtes, basson et continuo, Concerto en Fa majeur pour flûte à bec et basson, Concerto en mi mineur pour flûte traversière, flûte à bec, orchestre à cordes et basse continue.

Mathieu Lussier, le chef invité et soliste au basson baroque, nous a expliqué que à la fin du 16ème siècle en Italie Alla Tedesca ou Todesca était un type léger de villanelle qui tournait en dérision l'accent des Allemands de langue italienne. Par la suite, le terme fut interprété comme signifiant «dans le style de la danse allemande du XVIIème siècle».

Les œuvres présentées , étaient veloutées et fort bien interprétées par les solistes : Mathieu Lussier (basson baroque), Claire Guimond et Anne Thivierge (flûtes baroques), Sophie Larivière (flûte à bec), Washington McClain et Matthew Jennejohn (aux hautbois baroques). La basse continue (très riche) était soutenue par Nicolas Lessard (contrebasse), Sylvain Bergeron (à l’archiluth), Hank Knox sur une formidable copie d’un clavecin de 1745 de Johann Daniel Dulcken, (Anvers) et Amanda Keesmaat (au violoncelle baroque). Les cordes ont chantées sous les archets de Chantal Rémillard et Hélène Plouffe (violons baroques), et Jacques-André Houle (alto baroque).

Entendons nous ; l’ensemble Arion n’a plus rien à prouver en matière de musique ancienne tant sur le disque qu’en concert. C’est un privilège montréalais de pouvoir côtoyer un ensemble d’une telle qualité.

J’aime la sonorité douce des instruments anciens (ici des copies exactes) . J’aime aussi cette musique si facile à comprendre avec son alternance des mouvements lents et vifs.

Avec gentillesse et beaucoup de générosité, Matthieu Lussier a commenté les œuvres, est allé serrer les mains et autographier les cd de l’Ensemble Arion pour un public trillé sur le volet à cause de sa résistance au froid hivernal et à l’attraction d’un affrontement au hockey entre les Canadiens de Montréal et les Sabres de Buffalo.

Mais les Canadiens ont perdu en tire de barrage tandis qu’Arion a tout raflé dans un souffle continue : virtuosité, somptuosité, vérité musicologique, poésie et entrain. On ressort d’un tel concert avec les joues roses et oxygénées comme une ballade en montagne.

Comme j’ai été impressionné par l’imposant clavecin de concert, je suis allé voir Hank Knox après le concert pour admirer l’instrument et lui demander des détails. N’ayant rien noté, je l’ai donc rejoint au téléphone à McGill ce matin pour qu’il me fournisse le nom du facteur de l’instrument, un flamand du XVIIIème siècle.

Si vous désirez approfondir votre connaissance sur cet instrument exceptionnel voici un lien à un livre vous permettant d’avoir des informations sur le facteur de clavecins Johann Daniel Dulcken :

A History of the Harpsichord, par Edward L. Kottick (livre en ligne) :

http://books.google.ca/books?id=uexrDtt7JKEC&pg=PA286&lpg=PA286&dq=Johann+Daniel+Dulcken&source=bl&ots=qasy9I1wZA&sig=m2JFMtZMR62crpKfuIqngYC2Fkc&hl=fr&ei=euxbTd6UOIyr8AbPqqX8DQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CBoQ6AEwAA#v=onepage&q=Johann%20Daniel%20Dulcken&f=false

Pour observer l’instrument original en détail, référez-vous à :

Harpsichord and Clavichords

CYNTHIA A. HOOVER

DIVISION OF MUSICAL INSTRUMENTS

NATIONAL MUSEUM OF HISTORY AND TECHNOLOGY

SMITHSONIAN INSTITUTION PRESS

CITY OF WASHINGTON

1969

Accessible en ligne sous forme de fichier pdf de 43 pages :

http://www.sil.si.edu/smithsoniancontributions/HistoryTechnology/pdf_hi/SSHT-0000.pdf

L’instrument original est exposé au National Museum of American History NMAH, dont voici un lien général ( section Musical Instruments) :

http://americanhistory.si.edu/exhibitions/exhibition.cfm?key=38&exkey=80

Voici le lien au site d’Arion :

www.arionbaroque.com

Arcade Fire set to soar

L’empereur guerrier de Chine et son armée de terre cuite

Sunday, September 26, 2010

La culture, ce drap bleu



Hier je suis revenu de la Bibliothèque Nationale avec dans mon sac : un manga signé Taiyou Matsumoto : Le Samouraï Bambou, un livre largement illustré concernant le pèlerinage de la Bretagne intérieure : Sur les Chemins du Tro Breiz, un livre de Rémy Rieffel sur le phénomène de la presse gratuite comme le Journal Métro ou le 20 Minutes d’Europe : Mythologie de la Presse Gratuite, un essai de Diana Beresford-Kroeger intitulé : The Global Forest, un livre concis et génial sur la mode intitulé : 101 things I Learned in Fashion School d’Alfredo Cabrera et Matthew Frederick, un petit livre d’histoire sur la navette spatiale, largement illustré : The Shuttle Story par John Christopher, un ouvrage de Jacques Theys, Christian du Tertre et Felix Rauschmayer : Le Développement Durable. la seconde étape, le premier des trois volumes sur le Monde émergent intitulé Lieux issu du programme de recherche soutenu et financé par l’INNEE du CNRS TERRITOIRE, ENVIRONNEMENT ET CITOYENNETÉ : Les nouveaux défis environnementaux, un excellent livre sur la faim qui tenaille et tue le tiers de l’Humanité : Climate Change and Food Security Adapting Agriculture to a Warmer World, et la bible de l’impact humain sur l’environnement dans son édition canadienne : Environment, The Science Behind the Stories de Withgott, Brennan et Murck. J’avais aussi un coffret de 7 DVD supervisé par Martin Scorsese : The Blues – A Musical Journey que je vais partager bénévolement vendredi soir prochain avec mon groupe de 6 amis de l’amicale des Arts et des Sciences de Laval, un DVD des deux concertos pour piano de Chopin avec Marek Drewnowski et l’orchestre Symphonique de la Radio Nationale de Pologne dirigé par Antoni Wit dans le cadre féérique du château de Laňcut que je vais partager bénévolement ce soir avec mon groupe de 15 amis de l’amicale des Arts et des Sciences de Laval que je vois depuis 25 ans et finalement le Concerto pour piano de Robert Schumann avec Martha Argerich, Franz-Paul Decker et l’orchestre de la CBC
À mon retour, je suis passé par le parc Émilie Gamelin pendant la tenue d’une activité culturelle durant laquelle se superposait un tournoi d’échec grandeur nature et un jeu de définitions à partir des expressions populaires du langage commun. Il s’agissait du jeu : C’est Tiguidou. C’est là que la culture m’a frappé de plein fouet après avoir rempli un questionnaire de définitions. J’ai gagné 4 recueils de poèmes des Éditions des Forges :
- Parages du Langage de Fernando d’Almeida
- Poèmes de Mónica Mansour
- Voix d’Argentine de Claudia Schvartz et Gerardo Manfredi
- Torbellino de deseos (Tournoiement des désirs) de France Boucher.
J’étais joyeux car j’adore la poésie. Je flottais en entrant dans le métro lors de mon retour vers Laval, station Cartier.
Et je me suis demandé, pour moi, c’est quoi la culture :
- C’est 25 années à combler un vide avec des amis qui éprouvent le même besoin que moi
- C’est un besoin insatiable de comprendre tout ce qui se passe autour de moi
- C’est la rencontre de l’autre dans l’art, le lyrisme, la sculpture, la peinture, la poésie, enfin, tout ce qui va nous survivre après ce court passage dans ce monde
- C’est quelque chose à l’extérieur de ma tête que je vais chercher afin de nourrir mon cœur
- C’est la survivance de mon peuple enfanteur de rêves, de parlures, de mots écorchés, de blasphèmes, qui saigne par le craquement des jointures durant l’hiver, et qui avale sa salive plutôt que de la cracher au visage des Durham, des Duplessis et des Charest de ce monde depuis 1534. Un peuple maltraité relevant la tête, un peuple méprisé par ceux qui speakent white, un peuple abusé dès l’enfance par les ultramontains, par ceux qui disent savoir ce que ceux qui rêvent ont dans le cœur.
- La culture c’est aussi moi en train de pleurer en vous l’écrivant, c’est le sang qui coule dans les veines de mes enfants. C’est la seule chose qui me reste et que l’on essaie de m’enlever.
C’est aussi le goût d’envoyer chier un Chevalier de la Légion d’Honneur parce qu’il détourne l’argent de mon peuple à coup de 20 milliards pour le donner à ses amis alors qu’on a encore besoin de financer les études de nos jeunes et de bâtir des écoles, alors que nos aînés se présentent au dernier tour d’une fin de vie avec pas suffisamment de lits de soins palliatifs et c’est encore moi qui braille, gémit, se tord et hurle en dedans en vous le disant.
Merci aux Éditions des Forges pour le beau cadeau de culture qu’ils m’ont fait hier, merci aux travailleurs de la culture qui animent ces ateliers avec des salaires annuels qui frôlent le seuil de la pauvreté, merci à vous qui lisez mes webvlogs, mes blogs. Merci Madame Giard mon prof de première année qui m’avez appris l’abécédaire de la tendresse, merci à Mireille Fortin mon prof de deuxième année qui m’avez appris la rigueur, merci à Lise Lanouette, Mme Lacerte, qui m’avez appris l’émerveillement en troisième année primaire, merci à M. Forget mon prof de quatrième qui m’avez appris l’Honnêteté, Merci Monsieur Guillemette mon prof de cinquième année qui m’avez appris à raisonner de façon logique, je pourrais vous les nommer tous car ils m’ont tout appris ; du primaire jusqu’à l’université.
La culture c’est la distance amoureuse entre le vide d’un cerveau à combler et la plénitude des choses qui demandent à être nommées, désignées, expliquées, classées, cartographiées, partagées, développées, extrapolées, sublimées, et qui constituent la substance de la moelle du rêve.
C’est aussi moi qui ne sait pourtant rien du tout sur rien et qui lit dans le métro en m’en revenant vers Laval :
Le drap bleu effilé et déchiré
avala de son sillon infini
le rire de l’aube