Friday, November 4, 2011

Hommage au peintre Oleg Korolev


Oleg Korolev est né le 2 mars 1968. Il est un artiste russe dont les peintures ont été exposées et représentées dans les collections d'art privées et d'entreprise de Russie, en Europe, en Amérique du Nord et en Australie.


Éducation

En 1979, il a étudié au Studio de Dessin Classique à Vilnius en Lituanie SSR. En 1981, dans le studio d'art et l'Ecole d'Art (Evpatoria, RSS d'Ukraine). De 1984 à 1990 il a étudié et est diplômé du Collège d'art de Crimée à Simferopol (Ukraine).

Expositions

1992, 1993 - il a participé à des expositions d'art de groupe La galerie d'Arnhem», Londres, Grande-Bretagne), 1994 - Exposition des artistes de Crimée "Art-Effect" (Simféropol). De 1995 à 1998 - des expositions dans la galerie "KEP" et dans la "banque privée" »(Simferopol) 1998 -. Le festival d'art international" Hiver russe à Montréal », Vand-ArtGallery» (Montréal, Canada). De 1998 à 2001, il a pris part à diverses activités privées ainsi que des projets artistiques avec des collectionneurs d'art russe et allemand, Depuis 2000 il est membre de la "Société pour l'Art de l'Imagination" : Society for Art of Imagination (Londres, Grande-Bretagne).

En 2004 , il a
participé au projet d'art Fuchs Maestro Ernst. Il a étudié la technique de ce maître célèbre, directement à partir des oeuvres de la chapelle de la Cathédrale de Saint Égyde (Apocalypse) à Klagenfurt en Autriche. En 2002,
All Media Invitational 2002 Period Gallery, (Omaha, États-Unis), 2003 Ramsey Center for the Art (St Paul, États-Unis), en 2006 "Society for Art of Imagination" The H.R. Giger Museum (Gruyeres, Switzerland), Galerie Mall (Londres), 2008 - "Society for Art of Imagination" "Fantasmus" (Saeby, Danemark).

"Пересвет, Ослябя, Пресветлый Мрак" / "Peresvet, Oslyabya, Divine Gloom"



Hommage au peintre Oleg Korolev

"Генезис" - "Genesis"

THE FIGHT OF LION AND RHINOCEROS by Oleg Korolev ( Олег Королёв )

THE TOWER OF EGO by Oleg Korolev ( Олег Королёв )

DIVINE GLOOM, Oleg Korolev ( Олег Королёв )

Monday, July 4, 2011

Fragments et urbanités - Julie Parent



Dans le cadre de la grande exposition sur les collages de Julie Parent voici quelques données biographiques sur l'artiste :

En 1996, Julie Parent termine des études en arts visuels et en graphisme et débute une carrière de designer graphique.

C’est en 2002 que le besoin de peindre se manifeste. En 2004, expositions de ses premières oeuvres dans des restos et cafés du Plateau Mt-Royal et du quartier Centre-Sud à Montréal.

En 2004 à 2007, elle fait un baccalauréat en communications au profil médias Interactifs à l'Université du Québec à Montréal et démarre sa petite entreprise Le studio Calypso en 2007. C’est au sein de ce studio qu’elle exploite sa profession de graphiste et ses passions pour les arts visuels ainsi que tout l’univers culturel et artistique qui l’entoure et l’interpelle.

C’est avec enthousiasme et créativité qu’elle fait évoluer sa démarche, ses idées et ses techniques en peinture, collage et design.

Du design à la peinture, de la peinture au collage, de l’image numérique à la recomposition de collages et peinture. Bref tous les médias se rassemblent!
Une peinture devient un jour un collage et le tout devient un jour plusieurs œuvres animées, et ensuite réimprimées.

Julie Parent dira de son œuvre : « L’harmonie ou la juste désharmonie des couleurs, des formes, des textures se fondent dans mes idées, mes observations et deviennent des fresques graphiques et colorées aux milles regards et univers... urbains, culturels, de solitudes, d’expressions, de scènes contemporaines bien voilées ou dévoilées sous les coups de pinceaux ou sous la transparence. Lorsque je crée une image, un collage, je suis la metteure en scène d’un moment, d’un lieu ou de plusieurs souvenirs qui se fondent les uns dans les autres, et deviennent un tout harmonieux, parfois intrigant. »

Sunday, July 3, 2011

Voici le collage sur toile : Univers Féminin :



Ce collage occupe une place importante dans l'univers créatif de Julie Parent puisqu'il installe l'artiste dans son vécu et la positionne dans son monde. Non prévu, à l'origine dans l'ensemble des œuvres sur l'urbanité les organisateurs de l'exposition ont insisté avec un intérêt marqué pour que l’œuvre y figure puisqu'elle transpose l'essentiel de l’âme de l'artiste à l'intérieur même de l'exposition.

À gauche, la dame en gris installe le questionnement sur l'essence de la féminité tandis que des jambes jetées en vrac et dont les pieds sont chaussés de souliers rouges à tallons aiguilles, viennent remettre en cause le stéréotype de la féminité imposée par la société de consommation. Le pouce arborant une goutte de sang écarlate nous installe au cœur de la vie : la source du sang elle-même et souligne la thématique de la santé physique de la femme. Le thème du sang dans l'univers féminin nous ramène à celui des grands cycles lunaires et de la fécondité puisqu'il figure a cœur de la vie intra-utérine : celle qui propulse l'Humanité tout entière au fil des siècles. L'expulsion fœtale lors de la naissance participe elle même au mystère de l'enfantement tout comme celui de la création artistique.

Puis en haut, un ensemble harmonieux de motifs géométriques, circulaires et à formes variées griffonnés à la plume et colorés à la main proviennent d'un cahier de notes scolaires. L'image est à peine assurée puis qu'elle subit l'assaut d'une frange aux filaments sombres suivi d'un estompement vers le blanc comme arraché au collage par l'éblouissement de la conscience de l'artiste comme une remise en cause existentielle et une difficulté à assumer l'entièreté de l'image lors qu'elle négocie sa présence dans l'espace graphique. L'image à demi assumée pose toute la question de son existence dans l'architecture même du collage.

Le mot : J'adore est apposé en oblique et pointe vers l'image de l'artiste bien installée à la base du collage. C'est la prédominance de l’être qui assume son destin tandis que l'expression oblique nous rappelle que cette femme est passionnée pour la vie qu'elle adore sous toutes ses formes en adoptant une attitude contemplative face à cette dernière. La femme du collage lit, elle s'informe, se documente et se divertis tandis que la thématique de la lampe vient appuyer celle de la lumière du savoir et des connaissances acquises au fil des jours et des saisons de la vie. C'est aussi le champ de l'expérience. Mais l'espace du non dit, des choses inexprimables et de l'inconscient est symbolisé par une dame voilée. Comme dans la vie artistique on maintient un voile qui parfois, ajoute au mystère sur certaines choses profondes qui appartiennent au vécu trans générationnel qui est aussi celui des blessures et des secrets de famille comme celui de l'inconscient collectif de l'humanité. Vient par la suite l'évocation de fruits qui préfigurent ceux de l'existence et qui côtoient d'autres zones d'arrachement dans éblouissement d'une blancheur phosphorescente. L'expression : l'alchimie amoureuse est bien visible mais elle côtoie des zones encore mal définies dans l'espace pictural. Le clavier est librement exposé et nous rappelle la création digitale de l'artiste mais il plonge vers le bas de l’oeuvre comme pour nous dire que toute création comporte sa part de labeur et d'humanité.

Voici deux collages digitaux sur le même thème :

Il faut noter combien les transitions entre les éléments des collages digitaux sont assumées et harmonieuses. Appuyant ainsi le contrôle de l'artiste, et sa prise en charge de son épanouissement dans une mainmise concrète sur son destin.







À partir des collages de Julie Parent voici une animation vidéo réalisée à partir du logiciel Processing sur une trame sonore de Steve Reich - Musique pour Instruments à maillets, Section IIIB

Quatuor - Julie Parent

Voici 4 collages sur toile Quatuors :



À partir des collages de Julie Parent voici une animation vidéo réalisée à partir du du logiciel Processing sur la trame sonore de Bell Orchestre - Elephants :

quartierSpectacles - JulieParent

Voici le collage quartierSpectacles :



C'est cette oeuvre qui a amenée Julie Parent à exposer au Gesù puis l'oeuvre cite l'architecture de cette salle et a attiré l'attention des propriétaires du Gesù :



À partir des collages de Julie Parent. Voici une animation vidéo réalisée du logiciel Processing. Sur une trame sonore de David Boily.

Friday, April 1, 2011

M Ward - 'Chinese Translation'

M. Ward & Lucinda Williams - Oh Lonesome Me de Don Gibson

M. Ward - Hold Time

Nune Yesayan & Jivan Gasparyan - Dle Yaman (de Soghomon Gevorki Soghomonian )

Armen Ra - DleYaman (de Soghomon Gevorki Soghomonian )



Le thérémine, est un des plus anciens instruments de musique électronique, inventé en 1919 par le Russe Lev Sergeïevitch Termen (connu sous le nom de Léon Theremine). Composé d’un boîtier électronique équipé de deux antennes, le thérémine a la particularité de produire de la musique sans être touché par l’instrumentiste. Dans sa version la plus répandue, on commande la hauteur de la note de la main droite, en faisant varier sa distance par rapport à l’antenne verticale. L’antenne horizontale, en forme de boucle, est utilisée pour faire varier le volume selon sa distance par rapport à la main gauche. Le signal audio est produit par un oscillateur hétérodyne à tubes électroniques. Deux signaux de fréquences élevées (l’un fixe à 170 kHz, l’autre variable entre 168 et 170 kHz) se combinent pour former un battement et fournir un signal audible, entre 20 et 20000 Hertz. L’effet de capacitance apporté par le corps de l’instrumentiste, à proximité des antennes, affecte la fréquence produite, tout comme une personne se déplaçant dans une pièce peut altérer la qualité d’une réception de radio ou de télévision. Cette caractéristique est mise à profit dans le thérémine, et la combinaison des deux mains, l’une commandant le volume et l’autre la hauteur de la note, permet d’obtenir des effets sonores insolites. Le thérémine, disposant d’un seul oscillateur, est un instrument monophonique. Son timbre, que l’on ne peut modifier, s’apparente de loin à celui de la voix humaine ou à celui de la scie musicale. (Wikipedia)

Le compositeur : Soghomon Gevorki Soghomonian (Սողոմոն Գևորքի Սողոմոնյան) surnommé «Komitas», est né en 1869 à Kütahya en Turquie et décédé le 22 octobre 1935 à Villejuif. Il est un ecclésiastique, un ethnomusicologue, un compositeur, un chanteur, un pédagogue et un conférencier arménien.

Voir le lien suivant :

Komitas

Le joueur de thérémine est Armen Ra, un artiste et musicien américain d'origine iranienne et arménienne, vivant à Hollywood.

Né à Téhéran, en Iran, Armen Ra a été élevé par sa mère, une pianiste de concert, et sa tante, une chanteuse d'opéra de renommée et une maître Ikebana. Il a appris seul à jouer le thérémine et il est devenu l'un des meilleurs joueurs connus de l'instrument. Sa musique fusionne la musique folklorique arménienne avec des instruments modernes. Ses concerts sont réputés pour la combinaison des arts visuels et de la musique.

Voici son site : http://armenra.com/

Friday, February 25, 2011

La Séduction de l'Énergie d'Afrique


Dans le cadre du Mois de l’Histoire des Noirs, je suis allé entendre les enfants chéris de Montréal : le groupe afro-pop H’sao (originaires du Tchad) au Centre des Loisirs de Saint-Laurent au 1375 rue Grenet à Montréal. Cette formation est composée de Caleb, Mossbasss, Taroum et Isra-l (3 frères et une sœur) de la famille Rimtobaye ainsi que des deux amis d’enfance, les frères Charles et Service Ledjebgue (à la percussion).

Depuis août 2001, ils conquirent toutes les scènes montréalaises en passant par le Festival International de Jazz, le Festival Nuits d’Afrique, les Francofolies, le Festival des Musiques du Monde, les Week-end pop de l'Orchestre Symphonique de Montreal, le Métropolis, ReverbNation et une tournée de plus de 70 concerts à travers le Québec (entre autres lors du 400ième), le Canada et l’Europe.
Ils ont deux albums à leur actif : H’sao en 2003, et leur plus récent album autoproduit : Vol 235 en 2009.

Comme à l’habitude, ils ont débuté le spectacle par deux chants a capella et ils l’ont fermé par une prière et leur fameuse version d’Aimer d’amour.
Les œuvres chantées proviennent de la quintessence des deux albums.

Que dire de H’sao, sinon qu’ils portent leurs émotions à fleur de peau et qu’ils transportent dans leurs voix, toute la vibrance du Tchad avec d’autres formations et des artistes comme Achille Baldal, Audrey Linda Shey, Clément Masdongar, Ingamadji Mujos, Kaar Kaas Sonn, Keyba Natar, MC Gore, MC Solaar, Mounira Mitchala, Prince Luc, Pyramydes, Tibesti et Yalad.

Ils chantent depuis leur enfance dans l’église de leur père pasteur et possèdent une saveur harmonique unique au monde. Une espèce de mouture vocale veloutée et enjouée qui chante le soleil de leur terre natale avec brio. J’ai eu les larmes aux yeux pendant les quatre premières chansons.

Pour partager le plaisir que j’ai eu à les entendre, vous pouvez visionner les vidéos suivants :

N’Jamena


N'Gomindi Ko


''Sombre noce''

Moundo


Ndjamena


Aimer d'Amour

Pour en savoir plus sur le Tchad :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tcha

Pour accéder au site officiel du groupe :
http://www.hsao.ca/fr/

Pour en savoir plus sur le Mois de l'Histoire des Noirs :
http://www.moishistoiredesnoirs.com/

Pour en savoir plus sur la diversité montréalaise :

http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=4637,8889559&_dad=portal&_schema=PORTAL

Pour en savoir plus sur l'Histoire des Noirs au Canada :
http://www.histoiredesnoirsaucanada.com/events.php?themeid=21&id=22

Sites d'intérêt complémentaires:

Canadiana.org célèbre le Mois de l’histoire des Noirs!
http://www.canadiana.ca/fr/content/canadianaorg-c%C3%A9l%C3%A8bre-le-mois-de-l%E2%80%99histoire-des-noirs

Le Mois de l'Histoire des Noirs à Toronto :
http://www.td.com/dhieraaujourdhui/

Les productions Nuits d'Afrique à l'année :
http://www.festivalnuitsdafrique.com/

Festival International Nuits d'Afrique 2011 : 12 juillet 2011 - 24 juillet 2011
http://www.bonjourquebec.com/qc-fr/repertoire-evenements/fete-festival-evenement/festival-international-nuits-dafrique_1397445.html

Libye, entre mer et désert.


J’ai été invité par Charles Rollet à assister à la conférence ; Libye, Entre mer et désert.

Sujet d’actualité par excellence, la Libye est abordée avec intelligence par Anne-Sophie Tiberghien dans la série des Grands explorateurs.
C’est un vaste pays dont la superficie de 1.759.540 km² fait trois fois celle de la France et qui abrite une population de 6.5 millions d’habitants. Actuellement les souffrances de son peuple font frémir toute l’Humanité suite au joug d’un chef devenu fou. A la limite de l'Égypte, du Soudan, du Tchad, du Niger, de l'Algérie et de la Tunisie, ce pays, vient de subir l’onde de choc d’un effet de vases communicants parti de la Tunisie vers l’Égypte à travers les canaux des médias sociaux pour prendre le maquis contre un dictateur.

La conférence de Mme Tiberghien n’aborde pas les développements politiques actuels puisque son film a été tourné durant 9 voyages dont le dernier date de 2009. Mais elle est essentielle pour comprendre ce peuple à 90% déployé le long des rives de la Méditerranée. Occupant un territoire qui au long de la Tripolitaine, de la Cyrénaïque et du Fezzan constitue le legs de toute l’Antiquité à partir des héritages Phéniciens, Grecs, Romains, Vandales, Ottomans, et Italiens.
Son film se déploie dans le somptueux théâtre de Sabratha, les ruines de Leptis Magna, Apollonia, Ptolémaïs, Cyrène, dont le bon état de conservation, favorise le déploiement d’un panorama archéologique d’intérêt mondial qui constitue un livre ouvert gravé dans la pierre.

Par ailleurs, elle pose, un regard attentif et féminin sur la vibrante Tripoli tout en cédant, par la suite aux charmes du désert à la rencontre des peuples du Sahara chez les berbères et les touaregs.

Elle se dirige le long du lit fossile d'un fleuve et sa vallée du paléolithique qui s'écoulait du Tibesti au golfe de la Grande Syrte pour traverser l’Akakus afin de nous plonger dans un passé vieux de 5000 ans et dans la dignité anthropologique d’un défilement de peintures rupestres et d’inscriptions laissées dans des abris sous roche. Elle emprunte les routes caravanières truffées de vestiges et nous mène à la limite du dénuement dans la zone inhospitalière du volcan Waw an Namus au plein cœur d’un silence dévasté en bordure des lèvres de la bouche de la Terre. De Ghadamès la « perle du désert » à l’ancienne cité de Ghat, nous rencontrons un peuple attachant, riche de ses traditions, célébrant ses coutumes dans la vibrances unique de ces nomades sédentarisés du Sahara profond.

Il faut absolument voir cette conférence pour comprendre, d’un point de vue humain, l’âme des protagonistes qui se situent actuellement au cœur d’un drame géopolitique qui touche une des régions les plus sensibles de l’Humanité.

Pour en savoir plus : voici quelques liens :

Site de la cinéaste Anne-Sophie Tiberghien :


http://www.annesophietiberghien.com/


Le site wiki sur la Libye :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Libye

Le portail archéologique des sites wiki sur la Libye :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Site_arch%C3%A9ologique_de_Libye

Article dans Le Monde, La Libye, paradis des archéologues :

http://www.lemonde.fr/voyage/article/2008/03/07/la-libye-paradis-des-archeologues_1020036_3546.html

Sunday, February 20, 2011

St-Denis-Garneau, poète et peintre de l’âme québécoise



L'Association Québec-France
Section Récollet

Présente

St-Denis-Garneau, poète et peintre de l’âme québécoise
Conférencier
Pierre Castonguay

Bibliothèque St-Léonard
8420, rue Lacordaire
Montréal
H1R 3G5

21 février 2011
18 h 45
Salle d’activité

Saturday, February 19, 2011

S'embrasent : l'inoubliable 55ième.


Avec la pièce de théâtre S’embrasent, Luc Tartar auteur des romans : Le marteau d’Alfred, et Sauvez Régine, donne la parole aux jeunes. Il les a rencontrés dans les lycées et il leur tend une oreille curieuse et passionnée tel un transcodeur saturé de signaux et de confidences recueillies sur les propos d’un premier amour, d’une première approche corporelle, pour adapter la fraîcheur et la pétillement de l’étreinte adolescente aux différents codes d’un déploiement théâtral qui situe les personnages les uns par rapport aux autres dans une approche dynamique en mouvement perpétuel autour d’un décor minimaliste où s’effectue la conversion d'une énumération de l’âme déployée en trois dimensions autour d’un divan orange et le mur du fond à mi chemin entre le mur des oracles et le tableau noir d’une classe comme une espèce d’empreinte au croisement des genres entre la musique, le lipsing, la danse, la chorégraphie, le théâtre et la prose poétique.

L’auteur d’une vingtaine de pièces de théâtre, connaît bien les émotions et sait donner de la consistance à cette approche réaliste de la sexualité des jeunes loin des drames et sous l’œil admiratif d’une vieille dame qui du haut de sa fenêtre veille sur eux comme une sentinelle nostalgiquement attendrie et qui porte un regard assagis au sommet de tant d’années: «Quatre-vingts ans. Pensez si j’en ai vu. Mais autour des amoureux comme s’ils voulaient toucher du doigt cet Amour avec un grand A qui menace leur quotidien et rend les rêves douloureux…», autour de cet amour, Tartar déroule le ruban du rêve.
On sent la fraîcheur des kiwis et des pommes grenades, l’odeur des chewing gums et la beauté astringente des déclarations de filles à la cannelle et de garçons en chocolats qui s’apprivoisent, se toisent, se fréquentent, se désirent et se rêvent avec une simplicité désarmante.

«J’ai résilié mon abonnement à « Oh les filles ». Je tombe des nues quand je
vois les modèles qui s’offrent à toutes les pages. J’ai beau placarder leurs
posters au-dessus de mon lit et commander des tonnes de maquillage
jamais je ne ressemble à ça, moi.» Non. Les jeunes de Tartar ne ressemblent qu’à eux-mêmes, ils ressemblent à la vie qui suit son cours comme l’onde d’un ruisseau caresse le pied des fougères au printemps, après la fonte des grands espaces de neige. Après la moins que probable dégelée du pergélisol de l’enfance pourtant bien installé et tenu pour immuable.

C’est alors que Tartar leur tends un miroir d’Orphée sur l’arrière scène de la vie : ce jouet parcouru tant de fois sur un quadrillage de marelle et qui s’étiole soudainement en un éveil dans cette cour d’école où plus rien de nouveau n’était attendu dans l’univers infantile du prévisible. Quand lorsque soudainement à travers le filtre magique d’une nouvelle attraction et pour la première fois, ils s’embrassent et s’embrasent dans l’éblouissement du témoignage des copains. Cela me rappelle, dans l’essence et l’esprit de la chose,le Sacre du Printemps de Stravinski, dans la danse des adolescentes.

Or «des baisers comme celui-là... Leurs âmes entremêlées qui dansent comme sur un fil les corps secoués par un violent désir qui déferle et désarme et déchire. Deux êtres en équilibre instable au bord du monde. Un coup de foudre. On reste en apnée devant ça. On en oublie de respirer. Bouffé par l’émotion. Dans la
cour filles et garçons n’en croient pas leurs yeux et s’agglutinent…» Jonathan embrasse Latifa. C'est un coup de foudre qui bouleverse les témoins de la scène - les filles, les garçons, les profs, les parents, la voisine d'en face et même le directeur...

Le danger lorsqu’on aborde l’imaginaire érotique de la première sensualité c’est de tomber dans le pathos absolu, c’est de dissoudre les souvenirs des adultes dans la fraîcheur primesautière de l’adolescence, c’est de placarder sa propre sexualité en version revue et corrigée sur celle de la jeunesse actuelle. Or rien ici n’est du : tout fait d’avance. Cela s’articule autour du discours des jeunes des lycées à un point tel que les jeunes que j’ai interviewé à la toute fin de la soirée m’ont dit : «Ce qui nous frappe dans la pièce, ce sont les sentiments. Ça correspond à ce que nous sommes. Et les histoires qui sont racontées, ce sont celles que nous entendons nous aussi à l’école.»

Cette production du Théâtre Bluff est éblouissante. Le texte de Luc Tartar est mis en scène de main de maître dans une structure pourtant complexe mais sans lourdeur d’Eric Jean, assisté de Stéphanie Raymond : sans étouffer la spontanéité du jeu théâtral. Le piège était pourtant présent et l’entreprise aurait pu facilement s’effondrer sous la fréquence des déplacements multiples au travers desquels se déroulent les répliques parsemées de chorégraphies exigeantes et savamment ciselées qu’on a huilé au quart de tour après 9 mois d’un travail attentif qui tient autant de l’exploit sportif que d’un lyrisme juvénile qui donnent aux corps des acteurs de 25 ans, l’apparence de la jeunesse.

Les comédiens Catherine Bégin en remplacement de Béatrice Picard, Francesca Bárcenas, Christian Baril, Matthieu Girard et Talia Hallmona se sont prêtés à la rencontre du public après une prestation époustouflante qui se méritait pourtant, le repos du guerrier. C’était le soir de la cinquante-cinquième. Cinq fois je suis tombé en amour bien assis devant eux. J’ai bu chaque parole et chaque explication, j’ai approfondi grâce à eux la structure de la mantisse de cette tapisserie théâtrale dont les fibres n’ont rien à voir avec des brins d’ADN et la laine des moutons mais avec la structure biochimique de l’adénosine triphosphate (ATP) qui est la molécule qui, dans la biochimie des organismes vivants, fournit l'énergie nécessaire aux réactions chimiques du métabolisme.Ces comédiens sont des donneurs d’énergie et Catherine Bégin, un réservoir de sagesse.

La scénographie de Magalie Amyot est parcourue par la haute voltige d’une exigence multimédia. Les costumes de Stéphanie Cloutier sont simples et efficaces tout en permettant beaucoup de mouvements. L’environnement sonore d’Olivier Gaudet Savard nous fait rêver et oscille entre les répliques dans l’écho, les chansons de Fugain et les collages électro-acoustiques. Les éclairages de Martin Sirois sont précis et découpent les silhouettes qui dès le début de la pièce, nous captivent en émergeant de l’obscurité pour donner au discours théâtral un accent phosphorescent et une luminescence déclamatoire.

J’ai été conquis du début à la fin. Je suis sorti de là énergisé. Et j’ai pu demander à chaque comédien sa vision du rôle essentiel de la sentinelle dans la pièce. Vous pensez peut-être que je vais vous l’expliquer : goujats, allez voir la pièce et posez vous-même la question. Cependant je ne peux passer sous silence le témoignage d’un comédien qui rapportait la remarque d’un jeune qui voyait en la sentinelle, le personnage de Latifa ayant vieilli qui regardait à son tour une jeunesse toute neuve devant l’amour.

Voici quelques liens de référence :

Site de Luc Tartar :
http://www.luc-tartar.net/

Video de la pièce S’embrasent :



Témoignage du comédien Christian Baril :



Témoignage de la comédienne Francesca Bárcenas :



Témoignage du comédien Matthieu Girard :



Témoignage de la comédienne Talia Hallmona :



Témoignage de la comédienne Bétrice Picard qui était remplacée par Catherine Bégin :



Une production du Théâtre Bluff, sous la direction artistique de Sébastien Harrisson



Pierre Castonguay

Tuesday, February 15, 2011

Details of looting of Cairo and other Egyptian museums Jewellery the main target in the Egyptian Museum, but mummies also damaged

Egyptian special forces secure the main floor inside the Egyptian Museum in Cairo

Investigation begins into neglect of Pompeii

L'art érotique de Cranach : injonction morale ou incitation au libertinage?

Nymphe de la Source, par Lucas Cranach (après 1537)

Michelangelo : naked truths

Alla Tedesca : Le baroque à tous vents ! Les 30 ans d’Arion


Hier soir à 19 :30, je suis allé entendre un excellent concert de deux heures trente de musique ancienne : Alla Tedesca de l’Orchestre Baroque Arion dirigé par Mathieu Lussier, à l’ Église Saint-Sixte au 1895 rue de l’Église (coin Marcel-Laurin), dans Saint-Laurent , suite à une invitation de Charles Rollet. Au programme, il y avait des œuvres de Johann Friedrich Fasch (1688-1758) : Concerto en do majeur pour basson, cordes et clavecin, Concerto en do mineur pour basson, cordes et clavecin, Quatuor en sol mineur pour 2 hautbois, basson et basse continue. Il y avait aussi des œuvres de Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Quatuor en ré mineur pour 2 fFlûtes, basson et continuo, Concerto en Fa majeur pour flûte à bec et basson, Concerto en mi mineur pour flûte traversière, flûte à bec, orchestre à cordes et basse continue.

Mathieu Lussier, le chef invité et soliste au basson baroque, nous a expliqué que à la fin du 16ème siècle en Italie Alla Tedesca ou Todesca était un type léger de villanelle qui tournait en dérision l'accent des Allemands de langue italienne. Par la suite, le terme fut interprété comme signifiant «dans le style de la danse allemande du XVIIème siècle».

Les œuvres présentées , étaient veloutées et fort bien interprétées par les solistes : Mathieu Lussier (basson baroque), Claire Guimond et Anne Thivierge (flûtes baroques), Sophie Larivière (flûte à bec), Washington McClain et Matthew Jennejohn (aux hautbois baroques). La basse continue (très riche) était soutenue par Nicolas Lessard (contrebasse), Sylvain Bergeron (à l’archiluth), Hank Knox sur une formidable copie d’un clavecin de 1745 de Johann Daniel Dulcken, (Anvers) et Amanda Keesmaat (au violoncelle baroque). Les cordes ont chantées sous les archets de Chantal Rémillard et Hélène Plouffe (violons baroques), et Jacques-André Houle (alto baroque).

Entendons nous ; l’ensemble Arion n’a plus rien à prouver en matière de musique ancienne tant sur le disque qu’en concert. C’est un privilège montréalais de pouvoir côtoyer un ensemble d’une telle qualité.

J’aime la sonorité douce des instruments anciens (ici des copies exactes) . J’aime aussi cette musique si facile à comprendre avec son alternance des mouvements lents et vifs.

Avec gentillesse et beaucoup de générosité, Matthieu Lussier a commenté les œuvres, est allé serrer les mains et autographier les cd de l’Ensemble Arion pour un public trillé sur le volet à cause de sa résistance au froid hivernal et à l’attraction d’un affrontement au hockey entre les Canadiens de Montréal et les Sabres de Buffalo.

Mais les Canadiens ont perdu en tire de barrage tandis qu’Arion a tout raflé dans un souffle continue : virtuosité, somptuosité, vérité musicologique, poésie et entrain. On ressort d’un tel concert avec les joues roses et oxygénées comme une ballade en montagne.

Comme j’ai été impressionné par l’imposant clavecin de concert, je suis allé voir Hank Knox après le concert pour admirer l’instrument et lui demander des détails. N’ayant rien noté, je l’ai donc rejoint au téléphone à McGill ce matin pour qu’il me fournisse le nom du facteur de l’instrument, un flamand du XVIIIème siècle.

Si vous désirez approfondir votre connaissance sur cet instrument exceptionnel voici un lien à un livre vous permettant d’avoir des informations sur le facteur de clavecins Johann Daniel Dulcken :

A History of the Harpsichord, par Edward L. Kottick (livre en ligne) :

http://books.google.ca/books?id=uexrDtt7JKEC&pg=PA286&lpg=PA286&dq=Johann+Daniel+Dulcken&source=bl&ots=qasy9I1wZA&sig=m2JFMtZMR62crpKfuIqngYC2Fkc&hl=fr&ei=euxbTd6UOIyr8AbPqqX8DQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CBoQ6AEwAA#v=onepage&q=Johann%20Daniel%20Dulcken&f=false

Pour observer l’instrument original en détail, référez-vous à :

Harpsichord and Clavichords

CYNTHIA A. HOOVER

DIVISION OF MUSICAL INSTRUMENTS

NATIONAL MUSEUM OF HISTORY AND TECHNOLOGY

SMITHSONIAN INSTITUTION PRESS

CITY OF WASHINGTON

1969

Accessible en ligne sous forme de fichier pdf de 43 pages :

http://www.sil.si.edu/smithsoniancontributions/HistoryTechnology/pdf_hi/SSHT-0000.pdf

L’instrument original est exposé au National Museum of American History NMAH, dont voici un lien général ( section Musical Instruments) :

http://americanhistory.si.edu/exhibitions/exhibition.cfm?key=38&exkey=80

Voici le lien au site d’Arion :

www.arionbaroque.com

Arcade Fire set to soar

L’empereur guerrier de Chine et son armée de terre cuite